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Colloque "La fin de vie dans tous ses états"

14-15 novembre 2024, à la salle Le Ponant à Pacé (35)



programme en cours


 


« Ni le soleil, ni la mort ne se peuvent regarder fixement » disait La Rochefoucauld. La mort est un impensable parce qu’elle est la négation de tout objet, de tout sujet. Louis-Vincent Thomas précise : « l’objet mort est à ce point fugace et incernable que lorsqu’on s’acharne à en parler, on reconnait qu’on n’a rien à en dire. »


 


À cela, deux corollaires : la mort ne peut s’appréhender que de façon empirique, à travers la mort d’autrui et, comme le dit Freud, nous ne pouvons être là qu’en tant que spectateur, ajoutant que « la mort-propre est irreprésentable » et que « dans l’inconscient chacun de nous est convaincu de son immortalité ».


 


Aussi, cela pourrait être une gageure que d’aborder ce colloque par la question de la mort. Or, et c’est pour nous une évidence, si la mort ne peut clairement s’envisager, elle agit en nous et nous le constatons au quotidien dans nos pratiques cliniques. L’angoisse de mort est présente, et d’autant plus, aujourd’hui, quand on vieillit et s’en approche. Car contrairement à il n’y a pas si longtemps, elle concerne moins tous les âges de la vie mais plus volontiers le grand âge.


 


Et cela modifie la notion de « fin de vie » et son approche, qui n’est plus seulement celle de l’agonisant, celui pour lequel il n’y a plus rien à faire que d’attendre l’inéluctable. D’autant plus que la sécularisation de nos sociétés fait qu’aujourd’hui elle est devenue l’affaire de professionnels du soin et non plus essentiellement celle des communautés religieuses. Cela modifie-t-il notre rapport à la mort ? Assurément. Au point qu’aujourd’hui la fin de vie porte un enjeu personnel autant que de société : la réussir.


 


Dans l’imaginaire collectif, la meilleure façon de le réaliser est de mourir de sa « belle mort », de « mort naturelle » et de préférence dans son sommeil, sans avoir à la conscientiser. Lorsque ce ne peut être le cas, du fait d’une maladie chronique ou de polypathologies, il reste alors possible d’accompagner cette fin de vie dans une démarche de soins palliatifs (aide aux mourants) ou d’en précéder l’échéance (aide à mourir). Avec, pour cette dernière option, deux alternatives : se donner la mort (suicide, suicide assisté) ou choisir de la recevoir (euthanasie). Encadrer législativement ces différentes options représente tout l’enjeu du débat actuel autour de la fin de vie. C’est une question complexe, qui convoque l’éthique par-delà les points de vue moraux, politiques ou cultuels. Qui implique aussi d’entendre les paroles des personnes en fin de vie, de leur entourage, des soignants et, plus globalement, de la société.


 


Au cours de ce colloque, nous formulons le souhait de pouvoir parler sans tabou de tous ces sujets. De la fin de vie en différents temps (accompagnée ou provoquée, mais aussi celle d’hier et d’aujourd’hui) et en différents lieux (unité de soins palliatifs, EHPAD, domicile, hôpital), de la mort et de ses enjeux cliniques et éthiques.